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INTERVIEW AVEC FRED DAVID de Audrey Teichmann
By MYBOARDCAST | Publiée 23. Feb 2010



Meilleurs résultats en compétition

2008 : 2ème Pipeline Bodysurf Classic à Hawaii (championnats du monde)

2010 : 4ème Pipeline Bodysurf Classic à Hawaii (championnats du monde)





Âge : 24
Nationalité : Français
Surnom : Fred, Freddy boy, Frenchy (comme tous les Français à l’étranger…)
Lieu de résidence : Bayonne, Hossegor
Hobbies : Passer mon temps dans l’océan, la photo, la guitare mais je ne sais pas en jouer... Être avec mes potes...
Langues : Français, anglais un peu d’espagnol et j’essaye d’apprendre le portugais...
Taille : 185cm
Autres sports : Surf, sauvetage sportif, natation
Sponsors : Gotcha, Hervé Chapelier, Watermansport, Jeewin, Mundaka Optik, Source, Lastage, Pragma Industries
Tes spots : Pipeline, Hossegor, Yok’s
Le type de vagues que tu préfères : En surf j’aime de plus en plus surfer un peu de taille, je ne suis pas doué pour les manœuvres. Et en bodysurf je dirais toutes les vagues peu importe la taille tant que ca ouvre, que c’est puissant et pas suicidaire…
Ta manœuvre préférée : tube
Blog (url): www.freddavid.fr


Bonjour Fred… Je suis heureuse de pouvoir m’entretenir avec toi de ta carrière mais aussi de parler du sport que tu pratiques et pour lequel tu as affiché le deuxième et quatrième rang mondial en 2008 et 2010 : le bodysurf. C’est une discipline fascinante, qui implique un rapport très fusionnel avec l’océan… Tu pratiques d’autres activités, comme le sauvetage côtier, pour lequel tu as déjà été sur le podium lors des championnats de France, ou le surf. Quelques questions pour mieux te connaître…

AUDREY - L’océan est au cœur de toutes tes pratiques sportives… Te souviens-tu de la genèse de cette passion ?
FRED - Je me suis dirigé vers l'océan relativement tard, vers 16 ans. A cette époque, je me lassais des carreaux et de l'ambiance trop stricte de la natation. J'ai alors découvert le sauvetage côtier avec David Dubès et John Despergers. Puis j'ai goûté au Bodysurf et encore plus tard au surf.

Tu parles de la monotonie des carreaux... Mais ayant commencé par la natation de compétition, on t’imagine accoutumé à la rigueur… Quel est ton travail préparatoire en bodysurf?
J'ai plutôt fait les choses à l'envers... Au grand désespoir de ma mère.... Jeune je n'ai pas été un grand consciencieux tant en cours que dans ma pratique sportive. J'ai commencé à bosser l'année dernière. Je me suis fixé des objectifs et j'ai mis tous les moyens nécessaires en place pour y arriver. Ça a été dur... Augmenter la dose d'entraînement, jusqu'à plusieurs fois par jour, et diminuer le nombre de soirées.... La natation, le sauvetage et le bodysurf sont des disciplines très complémentaires entre elles et je pense que c’est un avantage pour moi. J’ai la chance maintenant de travailler avec un préparateur physique et d’être suivi très fréquemment par le Docteur Lanusse qui est médecin du sport et ostéopathe, je leur dois beaucoup. De plus le bodysurf vient d'être reconnu comme discipline de haut niveau. Ce statut est un avantage pour notre sport, il devrait nous permettre d'être mieux encadrés et suivis.

Travail mais aussi instinct... Quelle en est la part?
A mon avis l'instinct est l'un des paramètres dominants de la discipline. On peut prévoir beaucoup de choses, mais les décisions sont souvent prises au dernier moment: quelle vague ? Quelle manœuvre ? A quel moment ? Où ?


Avec, en vue, une posture nouvelle face à l'eau... ?
Bien sûr, je pense que plus tu passes de temps dans l’océan et plus tu apprends à le respecter. Le fait de travailler comme sauveteur l’été me permet de passer des heures à l’observer, à essayer de comprendre certaines choses, le fait d’y évoluer sur différents supports, voir sans rien, à la surface ou bien en dessous me permet de m’y sentir bien. Et de plus en plus je me rends compte à quel point il faut rester humble face à lui. Le bodysurf me permet de ressentir encore plus la glisse et ce contact entre mon corps et l’océan.

Comment pourrais-tu décrire ton style ?
Je ne pense pas l’avoir totalement trouvé, je suis en train d’essayer de le façonner petit à petit. Je n'aime pas être comme les autres. Ces derniers temps je dirais que je suis plutôt dans des trips aériens. Je sais que je dois travailler plus ma glisse aussi…

Utilises-tu beaucoup la vidéo pour t’observer, te corriger?
Je pense que c’est l’un des meilleures moyens de progresser, mais pour cela il faut quelqu’un qui te filme constamment… et ce n'est pas facile à dénicher ! Mais Riraw a l’air bien motivé pour ça … (www.riraw.tv)

Hors océan, le bodysurf est-il un mode de vie au même titre que le surf peut l’être?
Je pense que oui, ça l’est pour certains. Ce n’est pas mon cas… Je préfère être polyvalent et ne pas m’arrêter à une seule discipline.

Parviens-tu à maintenir le sentiment de liberté que tu peux ressentir dans les vagues lors des compétitions ?
A vrai dire, je n’arrive pas à réellement m’amuser sur le circuit des compétitions en France… Et le fait de devoir coller à des critères de jugements qui ne correspondent pas forcément à ce que ton bodysurf est ne me rend pas extrêmement libre… En revanche, me retrouver avec cinq mecs à l’eau à Pipeline pendant des séries de 20 minutes lors du Pipeline Bodysurf Classic, là OUI je me sens le plus libre du monde!

Tu as obtenu la deuxième place aux très prestigieux Championnats du monde de Bodysurf à Pipeline en 2008, ce qui est inédit pour un non Hawaiien… Qu’est-ce que cela a changé pour toi ?
Tout… Plus jeune mon rêve était de bodysurfer Pipeline un jour et pourquoi pas de faire la compétition. Alors finir 2ème la première année avec mes potes sur la plage et ma famille devant le webcast à la maison... C’était la folie ! Ce jour-là je me suis rendu compte que rien n’est impossible, ça a été comme un reset ou un déclic, ça m’a ouvert les yeux... Et beaucoup de portes, j’en suis conscient.

Quel a été ton sentiment au moment d’entrer dans l’eau pour affronter en finale Mike Stewart, légende de la discipline et de l’épreuve ?
Il y avait Mike bien sûr mais aussi Todd Sells, Steve Kapela et Mark Cunningham, déjà tous vainqueurs de la compétition, et un autre hawaiien que je ne connaissais pas. J’étais simplement heureux en fait, et mort de faim aussi. J’ai pris les 15 vagues autorisées en finale (eux ont dû en prendre 5 ou 6). Ils ont tous été cool avec moi à l’eau pendant la compète !

Et après?... Quel rapport as-tu instauré avec les maîtres hawaiiens du bodysurf?
Je les respecte beaucoup pour tout ce qu’ils m’ont apporté et continuent de m’apporter, ainsi que pour leur gentillesse à mon égard. Je pense que je peux dire que je suis ami avec la plupart d’entre eux maintenant. C’est top de se dire que tu vas bodysurfer Pipe avec Mark Cunningham ou Steve Kapela!

Ce sont tes modèles...
J’en ai plein en fait ! Je dirais Mark Cunningham car lorsque je le regarde j’ai l’impression que tout est simple, Mike Stewart parce que c’est un génie, Rick Thomas et Chris Kalima pour leur glisse, David Dubès parce que c’est un poisson (et un chien aussi), John Despergers pour sa combativité. Je dirais aussi Pierre Louis Costes pour toutes les manœuvres qu’il fait en bodyboard et dont j’essaie de m’inspirer. Et sinon plus largement Jamie Mitchell, Mark Healey ou Dave Rastovich car ce sont de purs watermen.

Que penses-tu de l’avenir de cette discipline?
Elle se développe de plus en plus, mais manque encore de reconnaissance. Elle est largement démocratisée, on la retrouve l'été dans les zones de bain quand nos amis touristes essaient de se laisser emporter par les mousses ou se jettent comme des sourds dans les shore break. Cependant ils ne savent pas que c'est une discipline à part entière. Facile à mettre en place dans l'ensemble des clubs de surf ou de sauvetage, le bodysurf pourrait être utilisé dans l'entraînement et l'animation. Je pense qu'il y a un énorme travail à faire dans les structures afin de fédérer de plus en plus de monde. Le surf tamdem a su le faire, pourquoi pas le bodysurf... Enfin, il faut rendre la discipline attractive, surtout dans les compétitions, pour intéresser les médias et les partenaires financiers.

Parlons justement de ces partenariats... Qu’est-ce que cela a changé pour toi d’être sponsorisé ?
Tout et rien en fait... Personnellement, je suis toujours le même. Cependant cet apport me permet de voyager l’hiver pour participer à des compétitions, pour m’entraîner et faire des photos sur des vagues parfaites. Ces échanges me motivent davantage, je veux prouver à ces partenaires qu'ils peuvent avoir confiance en moi. J’ai la chance d’avoir une super relation avec mes sponsors, ils m’aident tous beaucoup et me permettent de progresser beaucoup plus rapidement ! C’est génial que des sponsors commencent à s’intéresser à notre sport.

Quels sont tes objectifs à présent?
Il y en a pas mal … Déjà montrer à mes sponsors qu’ils ont eu raison de croire en moi. A plus long terme j’ai vraiment envie d’aider au développement de mon sport en montant par exemple une école de bodysurf au sein du Biarritz Sauvetage Côtier (on a déjà pleins de jeunes super doués et motivés). Parallèlement, je souhaite également promouvoir du matériel performant, et organiser des compétitions attractives avec Watermansport. Enfin on aimerait réaliser avec quelques autres bodysurfeurs hawaiiens, californiens et brésiliens un film sur le bodysurf.

Cite-nous tes derniers voyages et derniers coups de cœur…
Cette année j’ai passé quelques semaines aux Maroc avec des potes et là je suis à Hawaii pour l’hiver. Dernièrement mon cousin m’a fait découvrir la Slack, j’ai vraiment accroché, c’est un sport d’équilibre et sinon j’ai vraiment apprécié le surf en OC4 avec Rico. Buffalo contest a Makaha en vue…

Choisis trois partenaires et trois spots pour un trip…
C'est compliqué... Je dirais Bastien Bonnarme parce que c’est la garantie que des trucs improbables se produisent, il me pousse toujours, il y a pas mal de trucs que je n’aurais pas faits sans lui, et puis tu es sûr de revenir avec des photos magiques ! Ensuite je pense que Titou Krawiec ça serait pas mal pour la rigolade il est toujours motivé pour aller surfer, charger ou faire des trucs à la con. Et puis il faut bien une personne âgée et responsable avec quelques cheveux blancs dans un team… Pour la troisième j’hésiterais entre David Dubès, Bamako, JF Sarda ou Tim Burnham… Je ne sais pas… Allez tous les quatre aussi… Pour les spots ce serait Pipe évidemment, et après je pense Puerto Escondido et enfin pourquoi pas le Wedge, Bali ou le Brésil...

Tu dois inventer une manœuvre... Elle ressemblerait à quoi ?
Une manœuvre aérienne je pense… Mais avant il faudrait que j’arrive à maîtriser toutes celles qui existent déjà …

Ta play list en ce moment...
Pas mal de rap US, 50 cent, Lil Wayne mais aussi Damien Rice, Pressure, Citizen Cope, Macka B, Les doigts dans le Batteur, Thomas Longuefosse...

Comment commence une journée parfaite ?
Le top c'est quand tu commences par faire l’amour avec ta copine, puis tu vas surfer des vagues parfaites avec tes potes…

Comment se termine-t-elle ?
Et elle finit par une session magique avec tes potes, un barbecue quelques bières et puis… Tu refais l’amour avec ta copine !

Alors, avant de te laisser terminer cette fameuse journée parfaite, décris à nos lecteurs les conditions de notre entretien...
Alors, à V-Land sur le North Shore de Oahu, et à vrai dire là maintenant j’entends juste mes colocs qui fracassent sur Rock Band… Mais en temps normal j’entends le bruit des vagues depuis la maison et on voit l’océan bien sûr depuis la terrasse… Par contre la nuit tombe et on commence à se faire défoncer par les moustiques…

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