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INTERVIEW AVEC PAULINE ADO de Audrey Teichmann
De MYBOARDCAST | Publiée Feb 23, 2010





Meilleurs résultats en compétition

2006 : championne du monde Junior ISA
2007 : Finaliste à Newquay, WQS 5* (2nd)
2008 : Finaliste à Durban, WQS 5* (2nd)
Championne du Monde Junior ASP
2009 : finaliste des championnats du Monde ISA (4ème)
3ème aux championnats du Monde Junior ASP


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Âge : 19
Nationalité : française
Surnom : Popo
Lieu de Naissance : Bayonne
Lieu de résidence : Hendaye
Hobbies : sport, musique, cinéma, amis
Langues : français, anglais, espagnol
Taille : 1,66m
Regular ou goofy ? regular
Sponsor(s) : RipCurl, RT Surfboards, FCS, Gorilla Grip, Toyota
Shaper : Alberto Galleti, RT Surfboards
Type de board : 5’9 x 18” 1/8 x 2” 1/8
Tes spots : Lafiténia, plages d’Anglet
Le type de vagues que tu préfères : 1,50m tube + sections à manœuvres
Ta manœuvre préférée : tube, tail slide
Tes surfeurs préférés : Steph Gilmore, Joël Parkinson, Dane Reynolds
Blog (url): http://paulineado.fr


Pauline, tu es une jeune surfeuse, et tu multiplies les récompenses européennes et mondiales depuis le début de ta – déjà significative – carrière… Tu as remporté des titres mondiaux dans différentes catégories en 2006 et 2008 et tu as été la première surfeuse non australienne à être couronnée championne du monde junior… On a un grand sentiment d’aisance quand on te regarde surfer, même si l’on te sait travailleuse et combattive. Ce qui nous frappe aussi, c’est l’omniprésence de ton sourire, la confiance, la sérénité que tu dégages… Laisse-nous te découvrir davantage au fil de quelques questions…

Tu as commencé tôt le surf mais en à peine deux ans tu gagnais tes premières compétitions… As-tu eu le sentiment que tu étais naturellement faite pour tenir sur une planche ?
Non je ne crois pas m’être dit ça… Tout ce que je sais c’est que c’était ma première victoire et j’ai adoré !!! Cette performance m’a poussé à faire d’autres compétitions pour gagner à nouveau !


Gagner à nouveau, cela signifie beaucoup de travail… Quelle reste la part de l’instinct dans ton surf ?
Dès le moment où je suis sur la vague, il devient difficile de réfléchir. Tout va si vite ! C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est pas évident, au début, de suivre les conseils d’un entraîneur. Il y a aussi une part d’instinct par rapport à la lecture de l’océan, au choix de vague. L’idéal et d’arriver à combiner les deux de manière égale, 50-50. Cela permet de surfer intelligemment et de progresser sans oublier de se faire plaisir.

Quels sont tes modèles en surf et pourquoi ?
Steph Gilmore et Joël Parkinson pour leur style et leur technique mais surtout pour l’aisance qu’ils ont dans leur surf. Tout paraît tellement facile en les regardant surfer.

Comment pourrais-tu décrire ton style ?
Je dirais que j’ai un surf assez fluide, en glisse…

Comment ton coach le décrirait-il ?
Il faudrait le lui demander (rires) ! Il confirmerait sûrement en rajoutant qu’il faut que je tende vers un surf plus radical, plus puissant et plus agressif. J’y travaille !

Avec le regard du coach il y a aussi celui, « objectif », de la vidéo… T’arrive-t-il d’avoir des surprises lorsque tu visionnes tes sessions? Maîtrises-tu de mieux en mieux l’impact visuel que tu offres ?
A mes débuts j’étais très déçue de me voir surfer mais cette sensation s’est améliorée avec le temps. Il est important de s’auto juger et de confronter ses sensations avec des images vidéo. Cet exercice devient plus facile avec l’habitude.

Quel est le meilleur conseil que l’on t’ait donné ?
« Sors de l’eau avec le sourire ! » Même en compétition, ne jamais oublier la notion de plaisir.

Parlons justement de la compétition… Tu aimes ça ?
Oui il vaut mieux vu que j’en fais mon métier ! Il y a beaucoup d’aspects contraignants et difficiles mais ils sont largement compensés par le bonheur d’une victoire ! A mes débuts, je détestais participer aux compétitions et étais poussée par mon club pour continuer. Il faut croire qu’ils ont bien fait puisque, dès ma première victoire lors du Grommets Trophy, je suis devenue une mordue !

Comment te prépares-tu aux grands événements ?
Ma préparation débute plusieurs semaines à l’avance. Je travaille ma technique en surf ainsi que ma condition physique pour être prête à toute éventualité. J’aime me greffer à des groupes comme le Pôle France ou l’équipe de France pour m’entraîner. J’insiste sur des points clés de mon surf qui me permettront de scorer en compétition.

Parviens-tu à y maintenir le sentiment de liberté que peut donner le surf ?
C’est justement ce qui est difficile. Il est plutôt rare que je montre mon meilleur surf en série. C’est pourtant ce qu’il faut arriver à faire pour réussir. Je dirais que ce « sentiment de liberté » est beaucoup plus intense en compétition, mais comme je le disais, beaucoup plus rare.

Toi qui as obtenu à plusieurs reprises des titres mondiaux, peux-tu nous décrire ce qui passe dans ta tête quand tu soulèves un tel trophée sur un podium ?
C’est comme une overdose de bonheur !!! Toutes sortes de pensées positives affluent… Le film de tout ce que tu as fait pour décrocher cette victoire déroule dans ta tête et toute la pression accumulée pendant les journées de compétition retombe. On se sent léger… C’est des sensations géniales !

Mais après cette euphorie, comment gères-tu le fait de devoir toujours remettre tes titres en jeu, de devoir sans cesse progresser et faire tes preuves ?
Je prends cet aspect avec plus de recul maintenant. À une époque, je me mettais beaucoup la pression pour conserver mes titres et au final j’étais trop stressée et faisait une contre perf’. Maintenant, j’essaie de me concentrer sur la régularité de mes résultats et de me faire plaisir lorsque je surfe en compétition. Lorsque j’y parviens, ça me réussit beaucoup mieux.

La preuve est que tu as aligné les succès depuis le début de ta carrière, dans une discipline où la compétition est rude… Ton objectif affirmé est de rejoindre le WCT…
Oui j’espère décrocher ma qualification cette année. Pour l’instant, je me prépare pour ça…

Tu as remporté le prix du sportif aquitain de l’année 2009 catégorie espoir. Ce prix est attribué par le public : ce doit être encourageant d’avoir cette reconnaissance…
Oui ça fait chaud au cœur de se sentir soutenue et ça motive beaucoup. J’espère que je serai à la hauteur du soutien!

Justement, nous connaissons ton attachement pour la côte basque… Est-ce que surfer devant ton public pourrait te donner des ailes?
A mon grand regret, il n’y a pas de compétitions internationales sur la Côte Basque. Jouer devant son public est à double tranchant, c’est une motivation mais aussi une pression supplémentaire. En tout cas, je ne demande pas mieux que de gagner une grosse étape du WQS devant mon public.

Comment parviens-tu à conjuguer le surf, un sport incisif, puissant mais aussi élégant et charismatique, avec ta féminité ?
Oui, le surf est un sport assez masculin mais c’est aussi une activité où la gestuelle, le langage du corps sont très importants. Par ces aspects, on peut parfaitement surfer de façon féminine. Mais honnêtement, lorsque je surfe je cherche à être la plus performante possible sans m’inquiéter de ma féminité. C’est une fois la combinaison enlevée que je redeviens une « fille normale » (rires).

En termes de performances alors, penses-tu que la différence entre hommes et femmes se réduise, ou bien que le surf féminin maintienne une « exception culturelle » ?
Je dirais que la différence de technique a tendance à se réduire. Les filles cherchent de plus en plus à exécuter des manœuvres innovantes comme les garçons, qui scorent beaucoup en compétition. Au niveau culturel, les filles sont plus détendues et se prennent moins la tête ! (rires)

Quelles sont les valeurs que le surf contribue à diffuser selon toi?
Des valeurs de respect et d’échange avec la nature, de liberté d’expression, de quête de la vague parfaite…

Y a-t-il un autre sport de glisse dans lequel tu ressens la même adrénaline ?
Non, je n’ai pas le niveau pour ressentir cette adrénaline dans d’autres sports de glisse. Mais je pense que c’est différent en surf. L’aspect « jamais la même vague, au même endroit, au même moment, dans les mêmes conditions » donne un cachet particulier au surf ce qui fait son charme.

Parle-nous de tes derniers voyages…
J’ai passé mon dernier séjour en Australie près de Sydney pour les championnats du Monde Junior ASP. Avant cela, j’étais à Hawaï avec le team RipCurl.

Tes prochains voyages ?
L’Australie à nouveau mais de l’ouest cette fois pour le premier WQS de la saison.

Ton plus beau souvenir de surf ?
Une session devant les montagnes et la plage enneigée à Anglet. Mes pieds et mes mains en ont un mauvais souvenir mais c’était magnifique !

Ta finale de rêve dans une grande compétition : Pauline versus…
Steph Gilmore en finale d’un WCT en France… et il faut que je gagne évidemment sinon ça devient un cauchemar… (rires)

Je te demande de choisir cinq partenaires et cinq spots pour une vidéo de surf… Quel est ton choix ? Et ton choix musical ?
Je ferais bien un boat trip en Indo avec Lee-Ann Curren, Amandine Sanchez, Marie Dejean et ma sœur… Les spots sont tous parfaits là-bas ! Pour la musique, je ne suis vraiment pas difficile. Une musique rythmée ou une belle mélodie, des paroles touchantes… du moment qu’elle me procure de l’émotion.

Si tu étais à ma place, quelle dernière question poserais-tu à Pauline Ado?
Je lui dirais : « Pauline c’est bien beau de répondre à des interviews mais quand est-ce qu’on te voit dans le WCT avec Lee-Ann ? »

Et qu’est-ce que Pauline Ado répondrait ?
« Cette année j’espère »


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